Le perce neige nommé Corringe

 

Il en faut de la ferveur pour fendre la neige, la faire fondre même, et inaugurer au Poche le p’tit festival de la chanson en bourgeons pour revivre, l’espace d’une soirée, les années Corringe.

Ah Corringe ! Il est des poches d’émotions qui, longtemps, resteront intactes. Disparu à Lorette en octobre 2001, à l’âge de 56 ans, Michel Corringe est, en cette région comme dans l’ouest du pays, plus que légende, un pote de fraternité, celui qui exprime le mieux les années soixante-dix. Curieusement, jamais encore l’idée n’avait germée de lui rendre hommage. Et ce sont des copains qui l’ont inauguré, avant ouverture officielle, la présente édition de Y’a d’l’air dans la chanson en faisant un bœuf ordonné et joyeux, convoquant dans les mémoires les grandes années Corringe. Hommage, oui, mais tout sauf larmoyant et triste. Ce fut, jeudi rue de la Mulatière, comme l’addition des gens heureux. D’être là, de faire la fête, de presque " communier " ensemble. Le Théâtre est de poche, peu ou pas d’espace entre artistes et public, l’idéal pour en pas se la jouer et pour, sans hiérarchie, chanter tous La Route et Les Paumés, Liberté…tous les standards du chanteur. Tant qu’un artiste est chanté, il ne risque pas de mourir vraiment. Il suffit de se nourrir de ses titres et le phénix renaît.

De Lyon comme de la Haute-Loire, les fans étaient là, appréciant la prestation du groupe Fac, dont fait partie Albert Ciccone, ex-guitariste de Corringe : beaux morceaux, compos persos, les tubes d’avant et, beau cadeau, une chanson en hommage à l’artiste disparu : L’Homme comme la perception d’un être différent. Fac et les frères Pabiou, une longue soirée qui a pris sur la nuit.

La Tribune-LE PROGRES du 1er Février 2003


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